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<title>Sitti Saïd Youssouf</title>
<description>Lutter contre l'uniformisation ambiante de la pensée et du regard. &amp;quot;L'important, je m'en rends compte aujourd'hui, ce n'est pas de voir tous ces rêves accomplis, mais de les poursuivre, de les harceler, de les rêver&amp;quot; Gioconda Belli</description>
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<lastBuildDate>Fri, 25 Dec 2009 11:07:04 +0100</lastBuildDate>
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<title>Obama, sous l'oeil du temps qui passe</title>
<link>http://sittilieuze.blogspirit.com/archive/2009/12/16/obama-au-fil-du-temps.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Mon oeil</category>
<pubDate>Wed, 16 Dec 2009 16:07:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;line-height: 150%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Verdana, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;Les sondages sont en chute libre dans son pays. Partout ailleurs, l'impatience monte d'un cran et les critiques commencent à fuser. Dans le Monde arabe, par exemple, une certaine presse va même jusqu'à à se poser&amp;nbsp;cette &quot;fondamentale&quot;&amp;nbsp;question de savoir si&amp;nbsp;l'homme dont la planète toute entière s'était levée, il n'y a pas si longtemps, pour saluer la cruciale investiture à la tête de la première puissance&amp;nbsp;mondiale&amp;nbsp;n'était pas, au final, un nouveau Bush? Et puis il y a ce fameux Prix Nobel de la paix, dont les détracteurs accusent les membres norvégiens de l'éminent comité d'avoir manqué de discernement, en attribuant le prestigieux trophée à un président à peine installé au pouvoir et engagé dans deux guerres, bien que celles-ci soient héritées, faut-il le rappeler, de son prédécesseur. Qui plus est, ô scandale, s'apprête à envoyer dans les prochaines semaines, 30 000 GIs en Afghanistan, demandant au passage des renforts substantiels aux pays membres de l'Otan! Il semble si loin donc, le temps où Barack Obama, puisque c'est de lui qu'il s'agit, apparaissait aux yeux de tous comme le nouveau «Messie» dont on attendait, avec une certaine béatitude, qu'il résolve, d'un coup de baguette magique, tous les problèmes du monde: l'insupportable conflit israélo-palestinien, la question du réchauffement climatique, les programmes nucléaires, la crise financière, le chômage, les inégalités entre riches et pauvres, la faim dans les pays en développement, la démocratie, surtout là où l'on en a jamais vu la couleur... Et pendant que l'on y était, notre hyperprésident pouvait tout aussi bien, n'est-ce pas (on allait pas se gêner), obliger notre patron à nous augmenter après des années de bons et loyaux services, empêcher notre voisin de nous casser les oreilles le weekend avec ses travaux à la c..., faire en sorte que notre rejeton soit le premier de la classe et nous obéisse au doigt et à l'oeil, qu'il n'y ait plus de grèves de transports en commun, que l'on ne croise plus que des gens honnêtes, bien intentionnés et «adoooraaables»!!! etc. Partout, le même vent d'espoir quasi irrationnel s'est levé, des ghettos de Chicago aux studios de Hollywood, en passant par les rues de Paris, de Londres, de Berlin, d'Alger, de Tunis ou de Tokyo; des bidonvilles de Soweto aux &quot;maquis&quot; surchauffés d'Abidjan; des camps de réfugiés du Darfour, du sud Kivu, de Cisjordanie, jusqu'aux trottoirs de Manille ou les bas-fonds désolés de Calcutta. En gros, tout devait être parfait ici-bas, désormais.Tel était le «deal» puisque, rien ne pouvait résister à cet être d'exception que la Providence nous a envoyés pour garantir notre salut. Et voilà qu'à moins d'un an d'exercice, notre certitude de nous trouver devant un «demi-Dieu» aux pouvoirs illimités s'ébranle, et notre enthousiasme de retomber comme un soufflet. Ainsi va le monde d'aujourd'hui, avec ses paradoxes, sa schizophrénie et son infinie inconsistance. Jamais aucun président n'a eu autant de responsabilités et de pression sur les épaules! Pourtant, le nouveau chef de l'exécutif américain (et non pas du monde,&amp;nbsp;ce que l'on a tendance à oublier), n'a pas encore failli à sa mission, loin de là, malgré le scepticisme ambiant. Mais peut-être échouera t-il, après tout? Qui sait? Ce ne sont pas les raisons qui manqueraient, d'autant que&amp;nbsp;les défis qu'il a à relever&amp;nbsp;sont aussi&amp;nbsp;démesurés que les espérances placées en lui. En attendant, droit dans ses bottes et parfaitement conscient de l'immensité de sa tâche, le nouveau locataire de la Maison Blanche continue son petit bonhomme de chemin avec persévérance et dignité, se plaçant bien au-dessus du symbolisme ayant accompagné son élection et sans trop se soucier du tapage fait autour de sa personne. Rien en tout cas, jusqu'ici, ne permet de douter ni des convictions, ni des efforts déployés par cet homme singulier, il est vrai, qui allie avec une aisance naturelle peu commune, à la fois l'intelligence, le charisme, la classe et l'humilité. Un homme manifestement épris de justice, ayant inscrit l'action de son administration dans le cadre d'une diplomatie multilatérale, du dialogue entre les hommes et les nations donc, y compris les plus réfractaires à sa vision humaniste et non moins pragmatique du monde et de la politique. Certes, les résultats tangibles des certaines initiatives qu'il a lancées sur le plan intérieur comme sur le plan international se font encore attendre: fermeture de Guantanamo et des «sites noirs» de la CIA, réforme du système de couverture maladie, retrait organisé d'Irak, engagement face au défi climatique et environnemental..., et l'on sait fort bien ce qu'a donné, pour l'instant, sa volonté affichée de discuter avec l'Iran, la Corée du Nord et Cuba. Dans un contexte planétaire économique, social et géopolitique particulièrement catastrophique, ces initiatives obéissant à des processus complexes liés aux enjeux immédiats, aux mécanismes diplomatiques et au fonctionnement même de la démocratie américaine,&amp;nbsp;demeurent&amp;nbsp;également tributaires des lobbies les plus tenaces en tous genre. Il n'en reste pas moins&amp;nbsp;que les analystes politiques les considèrent comme étant les plus courageuses et les plus sensées qu'un président américain ait prises depuis des décennies. Et bien que l'on aurait souhaité, bien entendu, plus d'efficacité de sa part sur des dossiers brûlants tel que celui du Proche Orient et de la question israélo-palestinienne, beaucoup d'entre-nous aimerions voir certains dirigeants, élus ou autoproclamés, lui emprunter un peu de son sens de l'état et de sa fonction, de son volontarisme, de son imagination, de l'élégance de son style de gouvernance, en vue d'accomplir au bout de plusieurs mandats consécutifs, ce que lui a essayé d'entreprendre en quelques mois. Pour sûr, l'on ne se rend pas encore bien compte de la profondeur des changements que ce personnage&amp;nbsp;peu ordinaire&amp;nbsp;essaye d'introduire depuis son arrivée au pouvoir. Ceci étant, Barack Obama ne s'est jamais pris pour un Messie, pas plus qu'il ne tire le moindre orgueil de son Prix Nobel de la paix dont il fut d'ailleurs le premier à reconnaître que d'autres le méritaient sans doute plus que lui. Quoi qu'il en soit, la fascination que suscite&amp;nbsp;le premier président noir des Etats-Unis d'Amérique ne s'est en rien altérée, chez les foules comme chez ses homologues qui se bousculent toujours, à chacun de ses déplacements, pour apparaître à ses côtés sur la photo. Nul doute que son mandat ne&amp;nbsp;suffira t-il&amp;nbsp;pas pour concrétiser ses rêves d'un monde un peu plus juste, ni peut-être même satisfaire assez les attentes de ceux qui l'on élu afin que, dans trois ans, ces derniers&amp;nbsp;lui renouvèlent leur confiance. Peu importe! En attendant, ce descendant des pêcheurs de l'ethnie &lt;em&gt;Luo&lt;/em&gt; enracinée en bordure du lac Victoria, héritier naturel d'Abraham Lincoln, de John Fitzgerald Kennedy et de Martin Luther King aura au moins, à ce jour, réussi l'exploit&amp;nbsp;de redonner crédibilité et intelligence à une présidence américaine qui en manquait cruellement.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Salut à tous</title>
<link>http://sittilieuze.blogspirit.com/archive/2009/12/11/07cc64adb4204b3f0ac483d2da5ebd1f.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Parfums de lectures</category>
<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 14:50:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;Je sais, ça fait un bail que je ne vous ai rien servi de neuf. Hélas, ce sont des choses qui arrivent. Néanmoins, je constate avec plaisir, que vous êtes très nombreux à visiter régulièrement ce petit espace&amp;nbsp;perso, où j'ai l'habitude de livrer, sans prétention aucune comme vous le savez, quelques impressions,&amp;nbsp;de partager ce qui me passe par la tête, mes coups de coeur comme mes petits coup de griffe à propos de plein de sujets, entre autres,&amp;nbsp;quelques unes des&amp;nbsp;oeuvres artistiques ou littéraires ayant attiré mon attention. En guise de re-prise de contact,&amp;nbsp;voici&amp;nbsp;une petite chronique&amp;nbsp;sur &quot;&lt;strong&gt;Les vertus immorales&lt;/strong&gt;&quot;, le&amp;nbsp;dernier opus&amp;nbsp;de Kébir Mustapha Ammi, un auteur que j'apprécie particulièrement.&amp;nbsp;Mon texte a été publié précédemment dans le magazine &lt;em&gt;Afrique Asie&lt;/em&gt;, mais comme ce palpitant&amp;nbsp;ouvrage paru aux &lt;strong&gt;éditions Gallimard&lt;/strong&gt; vient de recevoir le &lt;strong&gt;Prix des écrivains de langue française (ADELF)&lt;/strong&gt; Maghreb-Afrique méditéranéenne,&amp;nbsp;il me&amp;nbsp;plait&amp;nbsp;de vous donner envie de le découvrir. Soyez-en donc remerciés. A très vite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;Symphonie du Nouveau Monde&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Verdana, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;Son œuvre s’est construite autour de personnages souvent meurtris, exclus de la société, en quête d’identité, de vérité, de justice ou de liberté. Des personnages tiraillés par leurs questionnements, mais remplis d’une énergie folle, toujours enclins à nous bouleverser, à nous désarçonner, grâce à leur extraordinaire capacité à s’inventer un destin. Voilà comment, à longueur de livres, Kebir M. Ammi se balade dans les labyrinthes de la littérature, sans jamais perdre le souffle, aidé par la fluidité et la puissance d’une plume mélodieuse, reconnaissable dès les premières pages, qui semble taillée exprès pour tricoter toutes sortes d’histoires. Le narrateur de son dernier roman &lt;i&gt;Les vertus immorales&lt;/i&gt;, est un peu à part. Trop pressé de vivre et de découvrir le monde, il n’a ni la propension, ni le temps, de s’attarder sur ses blessures. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;J’accueillais avec ironie les mauvais coup du sort même lorsque j’étais à terre&amp;nbsp;; j’avais suffisamment de ressources pour me remettre sur pied et rire de mes déboires&lt;/i&gt;&amp;nbsp;». Ainsi parlait le jeune Moumen, alors que dans sa tête se confrontaient, déjà, Dieu et le diable et grandissaient avec lui ses rêves d’Amérique. Le livre raconte les aventures de cet homme singulier, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;né sous le signe du chaos et des grandes batailles&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» à Salé, cité de la côte atlantique marocaine en proie, en ce début du XVIème siècle, à la brutalité, aux tentions religieuses et autres tourments de l’époque. Nourri de la lecture des écrits de Marco Polo auprès d’un ancien prêtre venu de Gênes, il traverse l’Europe à 14 ans et réussit à embarquer à bord d’un navire en partance pour le Nouveau Monde, 35 ans après Christophe Colomb. Sur cette terre lointaine alors objet de toutes les convoitises, l’homme qui n’est plus le même depuis longtemps, se trouve aux prises avec les Anglais, les Espagnols… et les indigènes. Son parcours est un chapelet de défis, de péripéties, dans des environnements hostiles où pullulent des individus, pour le moins, peu recommandables. Doté d’une intelligence hors normes, champion des langues et de la poésie, médecin à ses heures, féru à l’art de la ruse et de la manipulation, Moumen décide d’établir ses propres codes. Il change d’alliances au gré des circonstances et n’hésite pas à se livrer, à son tour, aux pires ignominies pour défendre sa peau ou ses propres intérêts. Et de découvrir, au soir d’une vie trépidante passée à triompher de ses ennemis, que l’essentiel est ailleurs et que la vertu est une notion toute relative, dont les lignes peuvent bouger à tout moment… Il fallait la verve de Kebir M. Ammi, pour nous&amp;nbsp;dérouler ce roman picaresque plein de rebondissements, qui pose un regard acéré sur les mystères de la nature humaine, au cœur d’un monde où le sens semble s’être fait la malle, où chacun est un loup en puissance qui n’attend que le moment propice pour dévorer son prochain. Avec sa langue toujours soignée, qui distille un humour salvateur niché jusque dans les interstices de scènes d’une violence à nous retourner les boyaux, Kébir M. Ammi pousse habilement, une fois de plus, le lecteur dans ses retranchements. Avec cette faculté bien à lui à s’introduire dans notre être profond, pour y débusquer nos turpitudes, l’ange et le démon qui sommeillent en chacun de nous. C’est aussi une ode à la nature et ses splendeurs -une constante chez l’auteur-, en même temps qu’une réflexion sur la confrontation des cultures et des civilisations, musulmane, chrétienne et primitives. Un sujet qui trouve une résonance particulière, en ces temps troubles où la haine et la méfiance entre les peuples reviennent au devant de la scène, bien souvent&amp;nbsp;sous les prétextes les plus fallacieux. &lt;i&gt;Les vertus immorales&lt;/i&gt; est un roman que l’on traverse à la fois le cœur serré, le sourire aux lèvres et la tête complètement à l’envers. Superbe.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;line-height: 150%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Verdana, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;Sitti Saïd Youssouf&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;line-height: 150%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Verdana, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;i&gt;Les vertus immorales:&lt;/i&gt; éditions Gallimard -224 p, 17,50 euros.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;line-height: 150%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;line-height: 150%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>La mécanique du désir au féminin</title>
<link>http://sittilieuze.blogspirit.com/archive/2008/05/04/la-mecanique-du-desir-au-feminin.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Parfums de lectures</category>
<pubDate>Sun, 04 May 2008 12:40:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;Verdana&quot;&gt;C’est un petit ouvrage de 200 pages, nourri par une joyeuse et brillante légèreté qui, il ya quelques mois, sans bruit, a jeté&amp;nbsp; un beau pavé dans la marre des clichés véhiculés depuis des lustres par les médias, sur les désirs des femmes, leur sexualité, leurs aspirations… Il s’agit de &quot;&amp;nbsp;&lt;i&gt;Ce que femme désire&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&quot;, de Kadi Sy Bizet (médecin d’origine africaine, spécialisée dans le traitement des problèmes dermato-esthétiques des peaux noires et métissées) et Eliza de Varga (parolière et auteure, d’origine française). Ces dernières années, en effet, nombreux médias triomphalistes, les magazines féminins en tête, n’ont eu de cesse de nous rebattre les oreilles sur le sujet, à coup de gros titres tapageurs et d’articles fumeux&lt;b&gt;,&lt;/b&gt; sans consistance. Des &quot;&amp;nbsp;spécialistes&amp;nbsp;&quot; autoproclamés nous y ont servi, jusqu’à plus soif, moult histoires débiles de fantasmes et d’orgasmes, professant sans discernement, les normes d’un &quot;&amp;nbsp;droit à la jouissance&amp;nbsp;&quot;, valable pour l’ensemble de la junte féminine. Or, qu’en est-il vraiment&amp;nbsp;? Entre ces discours formatés, normatifs&amp;nbsp;et les attentes réelles des femmes, leur intimité et leurs sentiments, le fossé est pour le moins abyssal et le trio désir-plaisir-sexualité n'a jamais été aussi difficile à cerner. C’est pour rétablir les choses et donner à comprendre ce qu’est véritablement la mécanique du désir féminin, que les deux auteures ont réuni leurs plumes, en toute simplicité. Riches de leurs expériences et de leurs cultures différentes, elles ont pris le parti d’interroger l’Histoire, les mythes, les traditions, dans les sociétés occidentales comme africaines, mais aussi la philosophie, voire la psychanalyse&lt;b&gt;.&lt;/b&gt; Puis, elles sont allées à la rencontre d’autres femmes et d’hommes issus de divers horizons, lesquels se sont prêtés au jeu pour raconter leur rapport au désir, ce &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&lt;em&gt;carburant de vie, qui nourrit nos fantasmes et structure notre affect&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&quot;.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Certaines comme Mariame livrent spontanément leurs fêlures,&amp;nbsp;leur combat lorsqu’il s’agit, par exemple, d’échapper au mariage forcé. D’autres, comme Eva, leurs doutes, leurs recettes de séduction et autres gris-gris ou leur soif de liberté d’aimer. De cette passionnante enquête, où l’on exalte le désir et révèle ses entraves depuis la nuit des temps, où l’on apprend pourquoi les femmes rient, pleurent ou jouissent, il en ressort que c’est avant tout, une affaire basée essentiellement sur le lien construit avec l’autre et vécue selon l’éducation, l’environnement, la trajectoire et la personnalité de chacun&lt;b&gt;.&lt;/b&gt; La démarche a permis également à Khadi Sy Bizet et Eliza de Varga, de sonder les courants successifs d’émancipation de la femme, les codes du désir et du jeux amoureux à travers les époques, ainsi que leurs problématiques actuelles. L’homme est-il devenu une femme comme les autres&amp;nbsp;? Que sont ces néo-amazones dont les attitudes &quot;&amp;nbsp;viriles&amp;nbsp;&quot; font flipper les hommes au point de les déviriliser ? Que sont les nouvelles abstinentes, les polyamoureuses...&amp;nbsp;? &quot;&amp;nbsp;&lt;i&gt;Ce que femme désire&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&quot; est un livre ludique écrit avec soin, sans prétention littéraire aucune, qui propose une déambulation à la fois sensible et lucide dans le cœur et l’esprit des femmes. C'est surtout&amp;nbsp;un antidote jubilatoire contre le bourrage de crâne ambiant, dans une société fragilisée, &lt;i&gt;où les valeurs et les règles du jeu amoureux ont changé et où chacun cherche sa place&lt;/i&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;&amp;nbsp;&lt;i&gt;Ce que femme désire&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&quot;&amp;nbsp; par Khadi Sy Bizet et Eliza de Varga&lt;/p&gt; &lt;p&gt;éditions JC Lattès, 200 pp, 12 euros.&lt;/p&gt;
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<title>Merci et chapeau bas monsieur Césaire</title>
<link>http://sittilieuze.blogspirit.com/archive/2008/04/28/merci-et-chapeau-bas-monsieur-cesaire.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Mon oeil</category>
<pubDate>Mon, 28 Apr 2008 16:10:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;Verdana&quot;&gt;Et voilà que le lion a tiré sa révérence. Le maître de la forêt des pieds nus, Césaire, le tant Aimé. Pour sûr, il va manquer à nombreux d’entre nous. Le chantre de la négritude. Celui qui a su, mieux que n’importe qui d’autre, dire non à l’ombre, aux ténèbres de l’asservissement de l’homme, au racisme et aux injustices sous toutes ses formes. Fort heureusement, il nous reste sa voix grandiose, qui résonnera longtemps encore dans nos oreilles et dans celles des générations à venir. Cette parole fondamentale, volcanique, rebelle, clamée dans cette langue à nulle autre pareille, qui s’est chargée de dénoncer, non seulement le sort réservé à l’homme Noir depuis des siècles, mais bien au-delà, de traduire, les interrogations,&amp;nbsp;les angoisses, la soif de liberté et les espérances de l’humanité tout entière dans la société contemporaine. A sa disparition il y a quelques jours, à l’âge de 94 ans, le grand homme n’est pas entré au Panthéon, comme l’ont réclamé, non sans arrières pensées,&amp;nbsp;des membres de la classe politique hexagonale. Certes, le prestige du lieu sied tout à fait à&amp;nbsp;cette figure d'exception. D'aucuns auraient même évalué le geste comme étant un juste retour des choses pour celui qui, de son vivant –et dieu sait si cette&amp;nbsp; plume immense l’aurait mérité- n'a pas eu non plus&amp;nbsp;sa place&amp;nbsp;à l’Académie Française! Pas dupes, ses proches ont&amp;nbsp;préféré la belle terre de Martinique pour laquelle, le poète comme l’homme politique qu’il était a tant donné et où il repose, désormais, auprès des siens. Mais alors que l'homme de l'abject&amp;nbsp;discours&amp;nbsp;de Dakar a décidé d'offrir des funérailles nationales&amp;nbsp;à Césaire, ce&amp;nbsp;légendaire insoumis qui avait d'ailleurs refusé de recevoir, il y a deux ans, l'ancien ministre de l'Intérieur devenu président,&amp;nbsp;pour cause de projet de loi sur &quot;le rôle positif de la colonisation&quot;,&amp;nbsp;il ne s’est pas trouvé –quel scandale!– un seul chef d’Etat, ancien ou actuel, de cette Afrique que l’ami de Senghor a tant chantée et portée toute sa vie dans sa chair et dans son esprit, pour venir saluer sa dépouille. Incompréhensible et impardonnable. Mais&amp;nbsp;l'heure n'est point&amp;nbsp;aux procès inutiles, voulez-vous. Laissons les uns à leurs velléités ambiguës de rédemption et les autres,&amp;nbsp;à leur confortable amnésie. Pour honorer&amp;nbsp;sa mémoire, le mieux serait de découvrir ou de redécouvrir les textes (poèmes, essais, pièces de théâtre…) de cet&amp;nbsp;illustre écrivain. Cet être unique, raffiné et pétri d'intelligence&amp;nbsp;dont André Breton disait -littéralement bouleversé&amp;nbsp;lorsqu'il fut confronté, par hasard, en 1941, à la puissance du &quot;&amp;nbsp;Cahier d’un retour au pays natal&amp;nbsp;&quot; (eouvre majeure et fondatrice, que Césaire a écrite à seulement 25 ans)-, qu’il était &quot;non seulement un Noir mais tout l’homme… le prototype de la dignité&quot;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Une femme debout</title>
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<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Parfums de lectures</category>
<pubDate>Wed, 12 Dec 2007 02:25:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Verdana&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;Verdana&quot;&gt;Elle a tout vu, tout entendu, tout vécu. Son corps flétri, fatigué, est aussi vieux que le siècle. Mais Fdéla, elle, a la ferme intention de rester debout. Jusqu’au dernier souffle. Rien, pas même sa mémoire qui flanche, &quot;&amp;nbsp;&lt;i&gt;ce vieux sac vide usé jusqu’à la trame&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&quot;, ne peut l’empêcher de nous raconter son histoire. Une histoire qui se confond avec celle du Maroc, depuis l’occupation par la France en 1912, jusqu’aux émeutes de Fès, en 1990. &lt;i&gt;Le ciel sans détours&lt;/i&gt;, dernier roman de Kébir M Ammi, est le portrait de cette femme libre, courageuse, d’une inébranlable dignité, ayant connu toutes les vicissitudes, les revers du destin, les humiliations, sans jamais baisser les bras. Vagabonde lumineuse, elle fut, en effet, esclave, vendeuse de fruits à la sauvette sur le marché, prostituée, &quot;&amp;nbsp;dealer&amp;nbsp;&quot;, chanteuse de cabaret… Elle a connu la rue, a dormi à la belle étoile, fut torturée puis, jetée en prison. Sa peau porte les marques indélébiles des ces épreuves, celles de l’histoire de son pays qu’elle a sillonné du nord au sud, d’est en ouest, celles des tourments de son époque et de la folie des hommes. Qu’importe&amp;nbsp;! Fdéla n’est pas femme à s’apitoyer sur son sort. Malgré son grand âge, elle continue de se battre, comme hier, avec la même ténacité, contre toutes les formes d’injustice, pour la liberté. Et de profiter de chaque instant de bonheur que la vie veut bien encore lui offrir. C’est un récit passionnant, plein de souffle et de rebondissements. Emaillé parfois d’images violentes, il s’y installe pourtant, très vite, un climat de douceur à l’intérieur duquel circule une philosophie, une vision du monde remplie d’amour et d’espérance qui se laisse tranquillement attraper. On retrouve une fois encore, avec bonheur, cette construction à la musique limpide et précise, cette langue savoureuse foisonnante de poésie et de générosité que l’auteur maîtrise à la perfection. Puis, cette écriture où l’on déguste les mots avec un plaisir gourmand, qui sait ciseler les situations, les décors, vous faire arpenter les lieux comme si vous y étiez, glisser dans l’esprit des personnages pour partager leurs émotions et leurs sentiments. A travers cette mémoire à rebours d’une héroïne anonyme, Kébir M. Ammi dessine avec une implacable lucidité, sans fioritures ni jugement, une fresque de ce Maroc qui l’a vu naître, avec ses zones d’ombres et de lumière. Tout au long de ces 310 pages faites d’allers-retours entre passé et présent, rêve et réalité, différents lieux, différentes époques, il décrypte, en filigrane, la complexité du monde et des rapports humains. Autour de la narratrice -imperturbable Fdéla s’exprimant à la première personne-, l’auteur aligne avec sa fine plume habituée à ce genre d’exercice, une galerie de personnages inattendus et souvent insaisissables. Totalement habité par cette mère Courage insoumise et audacieuse, Kébir M. Ammi qui, par ailleurs, nourrit une profonde aversion pour l’évidence, la facilité, prend un malin plaisir à entraîner le lecteur dans des voies sans issue. Pour mieux construire une représentation de la réalité où ce dernier devient seul maître à bord, avec toutes les cartes en main pour se faire sa propre opinion. Au fil des pages, on palpe cette saine arrière pensée chez un auteur qui donne l’impression de ne pas vouloir seulement nous conter une histoire, fût-elle attachante. De livre en livre, Kébir M. Ammi invente des personnages qui savent raconter ses propres questionnements, ses propres errances, ses origines. A travers la trajectoire de Fdéla, il revient, cette fois, après l’Algérie de son père dans &quot;&amp;nbsp;&lt;i&gt;Apulée, mon éditrice et mo&lt;/i&gt;i&amp;nbsp;&quot;, son précédent ouvrage, explorer le &quot;&amp;nbsp;sein&amp;nbsp;&quot; maternelle du Maroc. Et lui entonner ce chant d’amour qui résonne au plus près des blessures, des révoltes et du cœur. &lt;i&gt;Le ciel sans détours&lt;/i&gt; est un texte d’une épaisseur littéraire remarquable, bercé tout entier par une rage folle de vivre et d’aimer. Un régal. &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;&amp;nbsp;Le ciel sans détours&amp;nbsp;&quot;&lt;/i&gt;, Kébir M. Ammi, Gallimard, 310 p., 19 euros&lt;/p&gt;
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<title>C'est quoi le bonheur?</title>
<link>http://sittilieuze.blogspirit.com/archive/2007/04/18/happy-birthday-to-you.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Tentatives poétiques</category>
<pubDate>Wed, 18 Apr 2007 19:40:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Un don du ciel&amp;nbsp;jailli de mes entrailles&amp;nbsp;un beau matin d'avril&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;c'était hier, il y a&amp;nbsp;tout juste onze ans, aujourd'hui, mon amour&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le bonheur chaque jour renouvelé a la couleur de tes yeux&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;même&amp;nbsp;embués de larmes, parfois, lorsque tu es contrarié&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le bonheur a la douceur de ton sourire, de ta peau&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;de tes éclats de rire,&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;de tes bras autour de moi&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le bonheur a le goût de tes mots tendres, de tes questions&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;de tes emballements lorsque je te dis &quot;NON&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le bonheur c'est le défi d'être à l'écoute de tes peurs&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;de&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;tes doutes, de tes passions&amp;nbsp;et de tes idées bien arrêtées&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le bonheur&amp;nbsp;ressemble à&amp;nbsp;tes rêves qui grandissent trop vite&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;il a le charme de&amp;nbsp;tes «&amp;nbsp;je t’aime&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;les matins de soleil&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;celui&amp;nbsp;de tes&amp;nbsp;petites crises,&amp;nbsp;les soirs de pluie&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le bonheur, c'est ton oeil qui brille et ton intérêt pour tout&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;c’est quelque chose, j'en suis sûre,&amp;nbsp;comme ton être tout entier&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Et je n’aurai pas assez d’une vie, mon amour&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;p&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;our&amp;nbsp;te dire,&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;chaque jour que dieu fait&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;à quel point tu comptes pour moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Au revoir Monsieur l'Abbé</title>
<link>http://sittilieuze.blogspirit.com/archive/2007/01/24/aurevoir-monsieur-l-abbe.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com ()</author>
<category>Mon oeil</category>
<pubDate>Wed, 24 Jan 2007 01:55:00 +0100</pubDate>
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&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Je ne suis pas très douée pour les nécrologies ou, pour dire vrai, je n’aime pas trop ça. Car, l'exercice cache,&amp;nbsp;à mon sens, ce côté un peu &quot;trop facile&quot; de&amp;nbsp;dire des choses&amp;nbsp;sur quelqu'un qui n'est plus là pour les entendre. L’Abbé Pierre, comme chacun sait, vient de rejoindre son Créateur, ce 22 janvier, à l’âge de 94 ans.&amp;nbsp;De son vivant, il&amp;nbsp;n’a d'ailleurs jamais été porté sur les honneurs, ni les cérémonies et encore moins les compliments.&amp;nbsp;Et puis,&amp;nbsp;que pourrais-je ajouter à ce qui a déjà été dit sur cet être rare ayant consacré toute sa vie aux plus démunis&amp;nbsp;? Qui, en tout temps et en tous lieux a agi, au nom de ceux auxquels il a tenté et réussi, souvent, à donner un toit, un couvert et&amp;nbsp;surtout une dignité? J’ai eu l’occasion, l’année dernière, à la sortie de son dernier ouvrage, de dire, ici même, dans une note intitulée «&amp;nbsp;&lt;b&gt;Le vieil homme et l’amour&lt;/b&gt;&amp;nbsp;», mon admiration et mon profond respect pour cet illustre personnage qui reposera, dans quelques heures, dans le cimetière d’une petite commune de Normandie, aux côtés de ses vieux compagnons de combat. Ainsi, le fondateur du mouvement Emmaüs a tiré sa révérence et comme des millions de gens, je suis triste. Mais je ne pleure pas.&amp;nbsp;Car, je crois qu'il&amp;nbsp;n'aurait&amp;nbsp;pas du tout apprécié&amp;nbsp;que l'on verse des larmes sur sa dépouille, alors qu'il a voué son existence&amp;nbsp;à les empêcher de couler, chez les adultes comme chez les enfants.&amp;nbsp;Et qu'il n'avait surtout pas peur de la mort, au contraire.&amp;nbsp;Se sachant sur le départ,&amp;nbsp;n'a-t-il pas lui-même tenu,&amp;nbsp;il y a peu,&amp;nbsp;ces propos&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;p&lt;i&gt;our moi,&amp;nbsp;la mort&amp;nbsp;n’est pas une fin mais une continuité. C’est comme quitter l’ombre pour entrer dans la lumière&lt;/i&gt;&amp;nbsp;». Aussi, je me permets de m’adresser à toi, cher Abbé Pierre, pour te dire&amp;nbsp;simplement &lt;strong&gt;au revoir&lt;/strong&gt; et&amp;nbsp;&lt;strong&gt;merci&lt;/strong&gt;. Merci d’avoir existé même si tu pars, après tant d’années de lutte, sans avoir pu vivre, un seul jour, dans un monde plus juste. Merci d’avoir été là, le temps que tu as pu, pour ceux qui vont, grâce à toi, pouvoir encore&amp;nbsp;passer l'hiver au chaud. Merci, surtout, d’avoir su transmettre à d’autres, à travers le monde, un peu de ta volonté d’ &quot;&lt;em&gt;essayer d’aimer&lt;/em&gt;&quot;.&lt;/span&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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